Réinventer la formation en présentiel : un enjeu pour la formation professionnelle !

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Le digital a-t-il bouleversé les codes de la formation professionnelle ? C’est en tous cas ce qu’affirment les acteurs du E-Learning, formations online, et autres MOOC. Désormais, affirment-ils, la formation sera dématérialisée ou ne sera pas, il s’agit juste d’une question de temps pour que les entreprises passent à des formations 100% digitales.

Dont acte… Mais pourtant, dans le positivisme ambiant qui nimbe tous ces nouveaux supports, je fais partie de ces formateurs qui pensent, au contraire, que la formation en présentiel est plus que jamais pertinente. Et surtout, qu’il y a dans ce format énormément de possibilités d’innover.

Alors bien sûr, cela nécessite de construire une vraie réflexion autour de nos pratiques de formation : est-il possible de réinventer la formation professionnelle en présentiel ? C’est en tous cas le pari que j’ai envie de faire, et ce sont mes quelques pistes de réflexion que je vous livre dans cet article. Pistes de réflexion à compléter, bien entendu… Ce ne sont que des pistes…

Faire évoluer le format de formation présentiel

S’il y a bien une chose, pour commencer, sur laquelle nous pouvons innover, c’est clairement le format de formation. Il faut dire, à la décharge des organismes de formation, que ce format nous est imposé par les OPCA dans le cadre de leur prise en charge : nombre de jours, nombre d’heures, etc… Nous nous retrouvons trop souvent à animer des formations fleuves, sur 2 ou 3 jours, voire plus encore, avec pour objectif d’écluser le programme qui a été fixé lors de l’élaboration du cahier des charges.

Pourtant, j’ai constaté dans ma pratique de formateur qu’en faisant évoluer le format, c’est à dire en l’adaptant aux besoins des personnes formées et donc, en le morcelant, on obtenait au final une bien meilleure adhésion et assimilation des connaissances.

Prenons un exemple que j’avais travaillé pour une entreprise dans le secteur de la métallurgie : plutôt que de faire notre formation sur les deux jours prévus au cahier des charges, nous avons choisi de morceler notre formation en 4 modules de 3 heures, chacun espacé d’1 mois. Ainsi, plutôt que de concentrer le tout du contenu de formation, nous avons pu le segmenter en fonction de l’histoire de l’apprenant, en proposant, à chaque étape, un retour d’expérience sur les éléments mis en place.

Ce n’est qu’un tout petit exemple, mais qui nous montre de quelle manière, en sortant du format de formation classique, on parvient à faire vivre à l’apprenant une expérience totalement différente.

Gamifier la formation en présentiel

Récemment, j’ai été contacté par plusieurs organismes de formation qui souhaitaient me sous-traiter l’animation de certaines formations de leurs catalogues. Or, lorsque j’ai demandé quelle était ma marge de latitude en termes d’animation, et notamment si j’avais la possibilité d’utiliser des jeux pour favoriser l’assimilation des compétences, on m’a répondu, tous organismes confondus, qu’il fallait au contraire que je me tienne à la lettre du programme de formation, et que les deux ou trois jours que j’allais animer allaient se résumer à des cours magistraux.

Bien entendu, je comprends que dans le cadre d’une formation certifiante, il faille respecter un programme précis. Mais il y a tellement d’autres manières de transmettre une compétence ! Depuis maintenant quelques années, la partie théorique de mes formations est passée à moins de 50%. Et je travaille activement à continuer à faire descendre ce chiffre !

Pourquoi ? Parce que le format cours théorique ne prend absolument pas en compte le cycle d’assimilation des connaissances de l’apprenant. L’objectif est de lui bourrer le crâne, et non de lui permettre d’expérimenter immédiatement pour évoluer dans sa pratique, en fonction de son besoin.

Introduire du digital dans la formation présentielle

C’est certain, le digital peut apporter énormément à la formation en présentiel, simplement parce qu’il participe au renforcement du caractère ludique de la formation.

Prenons un exemple, celui de la validation des acquis de formation. Trop souvent, cette phase prend encore la forme d’une interrogation écrite rébarbative, alors que grâce à des outils digitaux, ont peut rendre ce moment obligatoire vraiment passionnant.

À titre personnel, j’utilise par exemple SurveyMonkey, qui permet très facilement de créer des quizz super sympas pour évaluer vos stagiaires. Vous allez avoir la possibilité de les noter, et également de les classer, si par exemple vous souhaitez introduire un peu de compétition dans le groupe. 😉

En tous les cas, il existe aujourd’hui énormément d’outils digitaux pour animer différemment vos formations : à vous de de faire les bons choix en fonction de vos objectifs.

Le suivi des stagiaires : un enjeu d’innovation

Le suivi des stagiaires, suite à la formation, est également un moment important, et trop souvent négligé, résumé à quelques minutes de bilan téléphonique avec le commanditaire de la formation, au mieux avec chaque stagiaire, quand ce bilan ne passe pas tout simplement à la trappe.

Pourtant, organiser un suivi des stagiaires de qualité est possible. par exemple, en organisant une webconférence avec eux pour collecter leurs mises en pratique et répondre à leurs questions ou apporter des solutions aux problèmes qu’ils auraient pu rencontrer.

Autre possibilité, qu’il faut, bien entendu, intégrer dans le chiffrage : prévoir une heure en individuel par stagiaire, en travaillant non pas sur un simple retour d’expérience, comme cela se fait encore trop souvent, mais sur un point précis, par exemple pour aller plus loin ou développer un cas pratique auquel s’est trouvé confronté le stagiaire.

 

Bien entendu, cet article n’est qu’une ébauche d’une réflexion individuelle beaucoup plus vaste, et je ne prétends pas, loin de là, détenir des vérités sur ce que signifie innover dans un contexte de formation professionnelle : Mais j’ai en tous les cas vraiment envie d’arpenter ces chemins, plutôt que de jeter le présentiel aux orties au prétexte que l’avenir de la formation professionnelle sera nécessairement dématérialisé.

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